« En ce cas, pourquoi n’avez-vous pas ordonné au docteur de lui planter un kindjal dans les côtes ? Ce serait sûr et efficace. Vous parlez de pitié, mon oncle, mais… »

« Il faut que le Duc sache à quel moment je déciderai de sa fin, dit le Baron. Et les Grandes Maisons elles aussi devront le savoir. Cela les calmera. Et j’aurai ainsi un peu plus de champ libre. La nécessité m’apparaît évidente, mais je ne l’aime pas pour autant. »

« Le champ libre, dit Piter avec une moue. Déjà, les yeux de l’Empereur sont fixés sur vous, Baron. Vous êtes trop audacieux. Un jour, une légion de Sardaukars débarquera ici, sur Geidi Prime, et ce sera la fin du Baron Vladimir Harkonnen. »

« Tu aimerais voir ce jour, n’est-ce pas, Piter ? demanda le Baron. Cela te ferait plaisir de voir les Sardaukars piller mes villes et mettre mon château à sac. Je suis sûr que tu en serais ravi. »

« Est-il besoin de le demander, Baron ? » La voix du Mentat n’était qu’un chuchotement.

« Tu aurais d^être Bashar d’un corps de Sardaukars. Le sang et la souffrance te sont si agréables. Peut-être ai-je été trop irréfléchi en te promettant la mise à sac d’Arrakis. »

Piter fit cinq pas d’un air mutin et vint se placer derrière le fauteuil de Feud-Rautha. L’atmosphère de ka pièce devint tendue. Le jeune homme se retourna et contempla Piter avec un froncement de sourcils.

« Ne jouez pas avec Piter, Baron, dit le Mentat. Vous m’avez promis Dame Jessica. Vous me l’avez promise. »

« Pourquoi, PIter ? demanda le Baron. Pour la souffrance ? »



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