Afin de faire passer la cravate, il écluse un pot de beaujolpif sous les ovations du public.

— Voilà qui s'appelle s'envoyer un petit coup derrière la cravate ! lancé-je, espiègle comme tout !

Un zig un peu beurré sur les bords s'annonce avec sa casquette. Béru examine le couvre-chef.

— Elle m'a l'air grasse à point, fait-il.

Et il y mord à belles dents ; ce qui est façon de parler vu que son clavier universel ressemble plus à un vieux pneu hors usage qu'à un collier de perles fines !

Je le stoppe à la deuxième bouchée :

— Merci, gentleman ! fais-je, la démonstration est éclatante.

— Je veux finir la visière ! proteste Béru, J'adore le craquant !

Maintenant le populo se presse avec des trucs insensés. Un petit vieux apporte sa canne ; une dame, la photographie de sa belle-mère ; un enfant tend le programme de la soirée et il y a une vieille Anglaise fourvoyée ici qui, apitoyée, remet au gros une tranche de pudding de sa fabrication. Stoïque, l'Enorme absorbe tout : le pudding, la canne, la photo, le programme. Il mange en outre une semelle de soulier ; une feuille d'impôt, une selle de vélo, un crapaud vivant, huit sous-tasse ; un os de gigot, vingt-huit caramels mous, un paquet de coton hydrophile, un exemplaire de « Maison et Jardin », un bouquet d'œillets, un soutien-gorge vide, une corne à chaussure, une autre de chef de gare, une carte Michelin de la région Rhône-Alpes, une chaussette de laine tricotée main, deux boucles de ceinture, une paire de bretelles, l'almanach du Père Benoit, un raccord



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