A peu près à mon altitude, j’ai détecté un éclair, sur ma droite. Un des habitants du coin, mécontent, avait sans doute désintégré un des fragments de mon œuf. Immédiatement, j’ai largué mon dernier parachute pour échapper à son collimateur. Il devait chercher d’autres cibles. Je me suis préparé au choc. J’ai dérivé encore un peu, pendant vingt secondes environ, avant de freiner ma chute. Je ne voulais pas attirer l’attention en ne tombant pas à la même vitesse que les fragments qui m’entouraient.

Efficace, puisque je n’avais pas encore grillé.

A deux cents mètres du sol environ, j’ai déclenché un autre parachute. Le temps de voir que j’étais entraîné au-dessus du fleuve et que j’allais passer à trente mètres à la verticale d’une sorte de hangar à toit plat, près de la rive. Parachute largué. Grâce aux fusées de mon scaphandre, je ne me suis pas trop mal récupéré sur le toit. Dans la même seconde, j’ai essayé de repérer la balise de Jelal. Et j’ai découvert que j’étais sur la mauvaise rive du fleuve. L’anneau du compas, dans mon casque, indiquait que l’étoile de Jelal brillait beaucoup trop loin au sud. En fait, c’était moi qui étais trop au nord. J’ai galopé sans perdre de temps vers le bord du toit qui surplombait le fleuve, tout en me repérant par rapport au chef de peloton le plus proche. Il était décalé d’un kilomètre de sa position et je l’ai appelé :

— Ace ! Aligne-toi !

J’ai quitté le hangar en balançant une bombe derrière moi et j’ai traversé le fleuve. Le silence était la réponse de Ace. En fait, il m’avait reçu mais il ne voulait pas faire repérer la position de son peloton. Et puis, il n’aimait pas recevoir d’ordres de moi.



11 из 270