– Et toute l’assemblée applaudit aussitôt à la bonté de l’expédient. La difficulté fut de trouver un Rat qui voulût se hasarder à attacher le grelot: chacun s’en défendit; l’un avait la patte blessée, l’autre la vue courte. – Je ne suis pas assez fort, – disait l’un. – Je ne sais pas bien comment m’y prendre -, disait l’autre. Tous alléguèrent diverses excuses, et si bonnes, qu’on se sépara sans rien conclure.

De l’Aigle et de l’Escarbot.

L’Aigle enlevait un Lapin, sans se mettre en peine des cris d’un Escarbot. Celui-ci intercédait pour son voisin, et suppliait l’oiseau de donner la vie au Lapin; mais l’Aigle, sans avoir égard aux prières du bestion, mit l’autre en pièces. Elle ne tarda guère à s’en repentir; car, quelques jours après, voici que l’Escarbot, qui avait pris le temps que l’Aigle s’était écartée de son nid, y vole, culbute tous les oeufs, fracasse les uns, fait faire le saut aux autres, et par la destruction entière du nid, venge la mort de son ami.

Du Souriceau et de sa Mère.

Un Souriceau racontait à sa mère tout ce qui lui était arrivé dans un voyage dont il était de retour. – Un jour, lui disait-il, la curiosité me prit d’entrer dans une basse-cour, et là j’y trouvai un animal qui m’était inconnu, mais dont le minois me plut infiniment. L’air doux, la contenance modeste, le regard gracieux; au reste, la peau marquetée, longue queue, et faite à peu près comme la nôtre; voilà ce qui le rendait tout à fait plaisant à voir. Pour moi j’en fus si charmé, que déjà je l’abordais pour faire connaissance avec lui, lorsque certain oiseau farouche, turbulent, et qui portait sur sa tête je ne sais quel morceau de chair tout déchiqueté, m’effraya tellement par ses cris perçants, que j’en pris la fuite d’épouvante.



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