
– Monsieur le comte, il est question de mon fils, du mari de votre nièce, entendez-vous? de notre Maurice.
– Il ne va donc pas mieux? demanda M. de Montgiroux d’un ton tout à fait radouci.
– Hier encore, on pouvait craindre que sa maladie ne fût mortelle, voilà tout.
– Ah! mon Dieu! Mais j’étais loin de penser que sa situation donnât de véritables inquiétudes.
– Parce qu’il y a huit jours qu’on ne vous a vu, ingrat! dit la baronne d’un ton de reproche, parce qu’on ne sait plus ce que vous devenez, parce qu’il faut vous écrire maintenant quand on veut vous avoir une minute; et encore, cette minute se passe-t-elle à discuter le temps que vous resterez et l’heure de votre départ.
– Mais enfin, qu’a-t-il, ce cher enfant? demanda le comte.
– Ce n’était d’abord qu’une simple mélancolie; bientôt ce fut de la langueur, puis le dégoût de tout; enfin, malgré nos soins, la fièvre vient de s’emparer de lui, et, après la fièvre, le délire.
– C’est extraordinaire chez un homme, dit le comte d’un air pensif. Et quelle peut être la cause de cette mélancolie?
– Rassurez-vous, nous la connaissons à cette heure, et nous le guérirons. Le docteur, qui est non seulement un homme de talent, mais encore un homme d’esprit, répond de le sauver. Le sauver! comprenez-vous, mon ami, tout ce que ce mot contient de joie pour le cœur d’une mère?
– Ainsi, il n’y a plus de danger? demanda le comte.
– C’est-à-dire qu’on n’espérait plus hier, et qu’on espère aujourd’hui, répondit la baronne, qui comprenait l’intention de M. de Montgiroux; mais c’est justement ce mieux qui fait que nous avons besoin de vous. Je vais donc donner des ordres pour que vous restiez.
Le comte se remit à grimacer son air réfléchi.
