
– Silence! dit-elle, il dort, et le docteur a recommandé qu’on ne troublât point son sommeil.
– Il dort? s’écria madame de Barthèle avec une expression de joie toute maternelle, et cependant retenue dans son explosion.
– Nous l’espérons, du moins: il a fermé les yeux et semble moins agité: mais éloignez-vous, je vous prie, car le moindre bruit peut le tirer de son assoupissement.
– Pauvre Maurice! dit madame de Barthèle en étouffant un gros soupir. Allons, obéissons; venez, cher comte, venez au salon. Quand le docteur a parlé, nous n’avons plus de volonté. D’ailleurs, nous causerons en attendant que nous puissions le voir; j’ai tant de choses à vous dire!
Le comte fit avec la tête un signe d’adhésion, et madame de Barthèle et lui reprirent le chemin du salon.
– Mon oncle, dit la jeune femme d’un ton plein de tristesse et de tendre reproche, vous ne m’embrassez pas?
– Ne viens-tu donc pas avec nous? dit le comte en lui donnant un baiser au front.
– Non, je le garde de ce cabinet, et, au premier soupir qu’il poussera, je serai au moins près de lui.
– Elle ne le quitte pas d’un instant, ajouta madame de Barthèle; c’est admirable!
– Mais ne peux-tu au moins nous envoyer le médecin, Clotilde? J’ai quelques connaissances physiologiques, et je voudrais causer un peu avec lui.
– Volontiers. Tout à l’heure, mon oncle, il sera près de vous.
Le comte embrassa de nouveau sa nièce, et, après l’avoir encouragée dans son dévouement conjugal par quelques paroles de tendresse, il suivit madame de Barthèle.
Mais, avant d’aller plus loin, faisons connaissance avec les deux personnages de cette histoire que nous venons de mettre en scène, et que nous retrouverons tout à l’heure au salon vers lequel ils s’acheminent en ce moment.
