
« Evidemment, reprit-il, vous me direz que ça n’a guère d’importance. Qu’est-ce que cela peut bien faire s’ils ne sortent jamais ? Ils sont heureux en bas et ils gouvernent l’Empire. Tenez, à quelle hauteur croyez-vous que nous sommes ?
— Huit cents mètres ? » fit Gaal, en se demandant s’il n’avait pas l’air trop naïf. Jerril se mit à rire. « Non, dit-il. A peine cent cinquante mètres.
— Comment ? Mais l’ascenseur a mis…
— Je sais. Mais la plus grande partie du trajet a consisté à parvenir jusqu’à la surface. Trantor est construite à quinze cents mètres sous terre : c’est comme un iceberg. La ville descend même à plusieurs kilomètres de profondeur sous le fond de l’océan, au bord des côtes. Nous sommes si bas que la différence de température entre le niveau du sol et les fonds de deux ou trois mille mètres est utilisée pour fournir toute l’énergie dont nous avons besoin. Vous le saviez ?
— Non, je croyais que vous utilisiez des générateurs atomiques.
— Autrefois, oui. Mais ce procédé est plus économique.
— Je veux bien le croire.
— Qu’est-ce que vous pensez de tout ça ? » L’homme soudain avait pris un air inquisiteur, vaguement cauteleux.
« Je trouve ça… superbe, fit Gaal.
— Vous êtes ici en vacances ? En touriste ?
— Pas précisément. C’est-à-dire que j’ai toujours eu envie de visiter Trantor, mais la raison qui m’amène est que j’ai trouvé une situation.
— Ah ? »
Gaal se crut obligé de donner quelques précisions. « Je vais travailler au projet du docteur Seldon, à l’université de Trantor.
— Cassandre Seldon ?
— Non, celui dont je vous parle s’appelle Hari Seldon… vous savez, le psychohistorien. Je ne connais pas de Cassandre Seldon.
