Il rôdait sans cesse dans la salle panoramique. Aux heures annoncées par les haut-parleurs, on relevait les volets d’acier, et Gaal ne manquait pas une occasion de contempler l’éclat dur des étoiles, d’admirer l’incroyable spectacle d’une constellation, semblable à un gigantesque essaim de lucioles pétrifiées dans leur vol. Il vit une fois, à moins de cinq années-lumière de l’appareil, la fumée froide et d’un blanc bleuté d’une nébuleuse, qui s’étalait devant le hublot comme une tache laiteuse pour disparaître deux heures plus tard après un nouveau saut.

Sa première vision du soleil de Trantor fut celle d’un point blanc brillant perdu parmi une myriade d’autres, et il ne le reconnut que parce que le guide le lui désigna. A proximité du centre de la Galaxie, les étoiles formaient un amas compact. Mais, à chaque saut, l’éclat dont brillait le point lumineux allait croissant et éclipsait peu à peu celui des autres astres.

Un membre de l’équipage traversa la salle en annonçant : « La baie panoramique va être fermée pour le reste du voyage. Préparez-vous à débarquer. »

Gaal lui emboîta le pas et le saisit par la manche de son uniforme blanc où brillaient le Soleil et l’Astronef, emblèmes de l’Empire.

« Est-ce que je ne pourrais pas rester ? demanda-t-il. J’aimerais voir Trantor. »

L’homme sourit et Gaal se sentit rougir. Il se rendit compte qu’il avait un accent provincial.

« Nous arriverons à Trantor dans la matinée, dit l’homme.

— Mais j’aimerais voir le paysage.

— Je suis navré, mon garçon. Ce serait possible à bord d’un astronef de plaisance, mais nous descendons maintenant face au soleil. Vous n’avez tout de même pas envie d’être à la fois aveuglé, brûlé et atteint par les radiations, non ? »

Gaal s’éloigna, dépité.

« De toute façon, lui lança l’autre, Trantor ne vous apparaîtrait que comme une grande tache grise. Pourquoi ne feriez-vous pas une excursion en astronef quand vous serez sur place ? Ça ne coûte pas cher.



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