
« Un crédit douze », dit le surveillant.
Gaal chercha de la monnaie dans ses poches.
« Où dois-je aller ? demanda-t-il.
— Suivez la ligne lumineuse. Le ticket s’éteindra quand vous vous tromperez de direction. »
Gaal se mit en marche. Des centaines de personnes arpentaient comme lui la vaste salle, chacun suivant son itinéraire qui croisait ou chevauchait parfois celui du voisin.
Gaal parvint à sa destination. Un homme vêtu d’un uniforme bleu et jaune criard, en plasto-textile imputrescible, s’empara de ses deux valises.
« Direct pour le Luxor », dit-il.
L’homme qui suivait toujours Gaal l’entendit. Il entendit aussi Gaal dire : « Très bien », et il le vit monter dans le petit appareil au nez camus.
Le taxi s’éleva à la verticale. Gaal regardait par la fenêtre incurvée, en se cramponnant instinctivement à la banquette. La foule sous ses pieds semblait se contracter : on aurait dit maintenant de petits groupes de fourmis disséminés à travers l’immensité du hall.
Puis un mur se dressa devant le taxi. Il commençait à une certaine hauteur au-dessus du sol et sa partie supérieure se perdait dans le lointain. Il était percé d’une multitude de trous qui étaient autant de bouches de tunnels. Le chauffeur se dirigea vers l’une des entrées et s’y engouffra, tandis que Gaal se demandait comment on faisait pour ne pas se tromper de tunnel.
Ils étaient maintenant plongés dans les ténèbres, que trouait de loin en loin la lueur colorée d’un signal. L’air sifflait derrière la vitre.
Gaal se pencha en avant pour lutter contre le freinage, puis le taxi déboucha du tunnel et redescendit au niveau du sol.
« Le Luxor-Hotel », annonça le chauffeur. Il déchargea les bagages de Gaal, accepta d’un air condescendant un pourboire d’un dixième de crédit, fit monter un client qui attendait et décolla.
