
Depuis l’instant où il avait débarqué, Gaal n’avait pas encore aperçu le ciel.
III
TRANTOR : Au début du treizième millénaire, cette tendance atteignit à son paroxysme. Siège du Gouvernement Impérial depuis des centaines de générations, et située dans la partie centrale de la Galaxie, parmi les mondes les plus peuplés et les plus évolués de tout le système, Trantor ne tarda pas à devenir l’agglomération humaine la plus dense et la plus riche que l’on ait jamais vue.
L’urbanisation progressive de la planète finit par donner naissance à une ville unique qui couvrait les quelque deux cents millions de kilomètres carrés de la surface de Trantor. La population compta jusqu’à quarante milliards d’habitants, lesquels se consacraient presque tous à l’administration de l’Empire, et encore suffisaient-ils à peine à cette tâche. (On se souvient que l’incapacité des derniers empereurs à assurer l’administration contribua pour une part importante à la chute de l’Empire.) Chaque jour, des astronefs par dizaines de milliers apportaient la production de vingt planètes agricoles pour garnir les tables de Trantor…
La capitale dépendait donc du monde extérieur pour son ravitaillement et pour tous les besoins de son existence, ce qui la mettait sans cesse à la merci d’une guerre de siège. Durant le dernier millénaire de l’Empire, il y eut d’innombrables révoltes qui firent prendre conscience aux empereurs de cet état de choses, et la politique impériale se borna dès lors à protéger ce talon d’Achille que constituait Trantor…
Gaal ne savait pas si le soleil brillait ni s’il faisait jour ou nuit. Il avait honte de demander. La planète tout entière semblait vivre sous une carapace de métal. Le repas qu’on venait de lui servir était baptisé déjeuner, mais il savait que plus d’une planète vivait suivant une division du temps standard qui ne tenait pas compte de l’alternance parfois malcommode du jour et de la nuit. La période de gravitation variait suivant les planètes, et il ignorait quelle était celle de Trantor.
