
Riose recula d’un pas, en un geste plein de déférence.
« Une raison pacifique. Si vous êtes Ducem Barr, je sollicite la faveur d’un entretien. »
Ducem Barr s’écarta et, à l’intérieur de la maison, les murs s’éclairèrent. Le général entra dans une lumière de plein jour.
Il toucha les murs du cabinet, puis regarda le bout de ses doigts.
« Vous avez ça sur Siwenna ?
— Et nulle part ailleurs, je crois, fit Barr avec un petit sourire. Je maintiens ça en état du mieux que je peux. Je dois vous prier de m’excuser de vous avoir fait attendre à la porte. Le système automatique enregistre la présence d’un visiteur, mais n’ouvre plus la porte.
— Et ça, vous n’arrivez pas à le réparer ? fit le général d’un ton légèrement railleur.
— On ne trouve plus de pièces. Si vous voulez vous asseoir, monsieur. Vous buvez du thé ?
— Sur Siwenna ? Mon cher monsieur, l’étiquette interdit tout bonnement de ne pas en boire ici. »
Le vieux patricien s’éclipsa sans bruit, avec un léger salut, survivance du cérémonial légué par la ci-devant aristocratie des jours meilleurs du siècle dernier.
Riose regarda son hôte s’éloigner avec une certaine gêne. Son éducation à lui avait été purement militaire ; tout comme son expérience. Il avait, comme on dit, affronté la mort bien des fois ; mais toujours une mort très familière et très tangible. On comprendra donc que le héros idolâtré de la Vingtième Flotte se sentît parcouru d’un bref frisson dans l’atmosphère de cave de cette vieille pièce.
Le général reconnaissait les petites boîtes en ivroïde noire qui s’alignaient sur les rayons : c’étaient des livres. Leurs titres ne lui étaient pas familiers. Il supposa que le gros appareil au fond de la pièce était le récepteur qui transformait ces livres en spectacle audiovisuel sur demande. Il n’en avait jamais vu fonctionner ; mais il en avait entendu parler.
