On lui avait dit un jour que jadis, à l’âge d’or où l’Empire s’étendait sur toute la Galaxie, neuf maisons sur dix possédaient ce genre de récepteur et ces rangées de livres.

Mais il y avait des frontières à surveiller, maintenant ; les livres, c’était bon pour les vieillards. Et la moitié des récits parlaient de temps révolus et mythiques. Plus de la moitié.

Le thé arriva, et Riose s’assit. Ducem Barr leva sa tasse.

« A votre honneur.

— Merci. Au vôtre.

— Il paraît que vous êtes jeune, fit Ducem Barr. Trente-cinq ans.

— A peu près. Trente-quatre.

— Dans ce cas, dit Barr, je ne saurais mieux commencer qu’en ayant le regret de vous informer que je n’ai en ma possession ni charmes d’amour, ni potions, ni philtres. Et je ne suis pas le moins du monde capable de vous gagner les faveurs d’une jeune dame que vous convoiteriez.

— Je n’ai pas besoin d’artifices dans ce domaine, monsieur. » Le contentement de soi qu’on ne pouvait manquer de sentir dans le ton du général se teintait d’amusement. » On vous demande beaucoup ce genre d’articles ?

— Encore assez. Malheureusement, un public mal informé tend à confondre érudition et art de la magie, et la vie amoureuse semble être le domaine où l’on a le plus recours à la magie.

— Cela semble des plus naturel. Mais pour moi, je ne compte sur l’érudition que pour répondre aux questions difficiles.

« Le Siwennien prit un air grave et songeur.

« Peut-être votre erreur est-elle aussi grave que la leur !

— Peut-être pas. » Le jeune général reposa sa tasse dans son étui scintillant, où elle se remplit à nouveau. Il laissa tomber dedans la petite capsule à infuser qui lui était offerte. » Dites-moi donc, patricien, qui sont les magiciens ? Les vrais. »

Barr parut étonné qu’on lui donnât ce titre depuis longtemps inusité.



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