Barr eut un sourire railleur et reprit :

« Mon père était un patricien de l’Empire et un sénateur de Siwenna. Il s’appelait Onum Barr. »

Riose l’interrompit avec impatience :

« Je connais fort bien les circonstances de son exil. Inutile de vous étendre là-dessus. »

Le Siwennien poursuivit, comme s’il n’avait rien entendu :

« Pendant son exil, il fit la connaissance d’un errant : un Marchand des confins de la Galaxie, un jeune homme qui parlait avec un étrange accent, qui ne savait rien de la récente histoire impériale, mais qui était protégé par un bouclier énergétique individuel.

— Un bouclier énergétique individuel ? s’exclama Riose. Vous divaguez. Quel générateur pourrait être assez puissant pour condenser un écran protecteur aux dimensions d’un seul homme ? Par la Grande Galaxie, est-ce qu’il portait avec lui, sur un petit chariot, un générateur atomique de cinq mille myriatonnes ?

— Il s’agit, reprit doucement Barr, du magicien sur le compte duquel vous avez entendu toutes ces histoires et toutes ces rumeurs. Le terme de » magicien », je ne l’emploie pas à la légère. Il n’avait pas avec lui de générateur assez grand pour qu’on le vît, mais l’arme la plus lourde qu’on puisse tenir à la main n’aurait même pas égratigné son bouclier.

— C’est à cela que se résume toute l’histoire ? Les magiciens sont-ils nés des radotages d’un vieillard brisé par la souffrance et par l’exil ?

— L’histoire des magiciens, monsieur, était antérieure même au dire de mon père. Et les preuves en sont plus concrètes. Après avoir quitté mon père, ce Marchand, que les hommes appellent magicien, rendit visite à un technicien de la ville jusqu’où mon père l’avait guidé, et il laissa là un générateur du type qu’il portait. Mon père a repris ce générateur lorsqu’il est rentré d’exil après l’exécution du vice-roi. Il lui a fallu longtemps pour trouver…



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