
— Des menaces, Kodell ?
— Le simple constat d’une réalité, Trevize. Entendez-moi bien, conseiller : si je dois utiliser la sonde, je l’utiliserai et même si vous êtes innocent, vous n’aurez aucun recours.
— Que voulez-vous savoir ? »
Kodell bascula un interrupteur sur le bureau devant lui puis dit : « Mes questions comme vos réponses vont être enregistrées – en audio et en vidéo. Je ne vous demande aucune déclaration volontaire, ni aucune prise de position délibérée. Pas pour l’instant, du moins. Vous me comprenez, j’en suis sûr…
— Je comprends surtout que vous n’allez enregistrer que ce qui vous convient, remarqua Trevize, méprisant.
— C’est exact mais encore une fois, entendons-nous bien. Je ne déformerai en rien ce que vous allez me dire. Je l’utiliserai ou ne l’utiliserai pas, c’est tout. Mais vous saurez ce que je n’utiliserai pas, ainsi ne perdrons-nous ni mon temps ni le vôtre.
— On verra.
— Nous avons tout lieu de penser, conseiller Trevize » et quelque chose dans son ton officiel prouvait à l’évidence qu’il était en train d’enregistrer, « que vous avez déclaré ouvertement, et en maintes occasions, que vous ne croyiez pas en l’existence du Plan Seldon. »
Trevize répondit lentement : « Si je l’ai dit si ouvertement, et en maintes occasions, que vous faut-il de plus ?
— Ne perdons pas de temps en arguties, conseiller. Vous savez ce qu’il me faut, ce sont des aveux spontanés, de votre propre bouche, caractérisés par votre empreinte vocale personnelle, et dans d’indiscutables conditions de parfaite maîtrise de soi.
— Parce que, je suppose, tout usage de l’hypnose, par des moyens chimiques ou autres, altérerait les empreintes vocales ?
