
— Je n’y étais pas », rétorqua Trevize, sardonique. « Comment le saurais-je ?
— Pouvez-vous affirmer qu’il ne l’a pas fait ?
— Non.
— Nieriez-vous, par hasard, que l’image holographique de Hari Seldon, apparue à chacune des crises historiques qui ont jalonné ces cinq derniers siècles, soit effectivement un cliché de Hari Seldon en personne, pris durant la dernière année de son existence, peu avant l’instauration de la Fondation ?
— Je suppose que je ne peux pas le nier.
— Vous “ supposez ”. Pouvez-vous m’affirmer qu’il s’agit d’un faux, d’une mystification montée dans le passé par quelque individu dans un but précis ? »
Trevize soupira. « Non. Je ne maintiens pas cela.
— Êtes-vous prêt à maintenir que les messages délivrés par Hari Seldon sont d’une manière ou d’une autre manipulés par un tiers ?
— Non. Je n’ai aucune raison de penser qu’une telle manipulation soit possible ou même d’un quelconque intérêt.
— Je vois. Vous avez pu assister à la toute dernière apparition de l’image de Seldon. N’avez-vous pas trouvé que son analyse – élaborée il y a cinq cents ans – correspondait très précisément à la situation présente ?
— Au contraire, dit Trevize avec un entrain soudain. Elle y correspondait très précisément. »
Kodell parut ne pas relever l’émotion de son interlocuteur. « Et pourtant, conseiller, après l’apparition de Seldon, vous persistez à maintenir que le Plan Seldon n’existe pas.
— Bien entendu : je maintiens qu’il n’existe pas, précisément à cause de la perfection avec laquelle son analyse correspond aux… »
Mais Kodell avait déjà coupé l’enregistrement. « Conseiller, dit-il avec un hochement de tête, vous m’obligez encore à effacer. Je vous demande si vous persistez dans vos idées bizarres et vous commencez à me donner des raisons. Laissez-moi vous répéter ma question. »
Il reprit : « Et pourtant, conseiller, après l’apparition de Seldon, vous persistez à maintenir que le Plan Seldon n’existe pas.
