Branno répondit : « Alors, vous voulez éliminer la Seconde Fondation ? Vous voulez qu’arrivés à mi-parcours sur la voie du second Empire, nous prenions le risque de terminer la tâche seuls et de nous fournir nous-mêmes nos propres élites ? C’est bien cela ?

— Certainement ! Certainement ! Et cela ne devrait-il pas être aussi votre souhait ? Vous comme moi, nous ne vivrons pas pour le voir réalisé mais vous avez des petits-enfants, j’en aurai moi aussi un jour, eux-mêmes auront des petits-enfants et ainsi de suite. Je veux qu’ils bénéficient du fruit de nos efforts et qu’ils nous considèrent comme en étant la source et nous louent pour ce que nous aurons accompli. Je n’ai pas envie que tout cela se réduise simplement à quelque complot secret ourdi par Seldon – qui n’est certainement pas un de mes héros. Je vous le dis : Seldon représente une bien plus grande menace que le Mulet – si nous laissons son Plan s’accomplir. Par la Galaxie, j’en viens à regretter que le Mulet n’ait pas réussi à complètement liquider le Plan une bonne fois pour toutes. On lui aurait quand même survécu : lui, il était seul de sa race, et tout ce qu’il y a de plus mortel ; tandis que la Seconde Fondation me paraît immortelle.

— Mais vous aimeriez bien la détruire, n’est-ce pas ?

— Si vous saviez à quel point !

— Mais faute de savoir comment y parvenir, vous ne croyez pas plutôt que ce sont eux qui vont vous détruire ? »

Trevize la toisa d’un air méprisant : « L’idée m’a bien effleuré que vous-même puissiez être sous leur contrôle. L’exactitude de votre prédiction des paroles prononcées par l’image de Seldon et, consécutivement, votre attitude envers moi, pourraient fort bien être caractéristiques de la Seconde Fondation. Vous pourriez n’être qu’une coquille creuse habitée par la Seconde Fondation.



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