
— Oh ? Croiriez-vous donc en l’existence de la Seconde Fondation, pour avoir déjà envisagé comment réagir à son éventuelle réponse ? »
Branno écrasa le poing sur la table devant elle : « Bien sûr que j’y crois, indécrottable idiot ! Si j’ignorais l’existence de la Seconde Fondation, et si je ne la combattais pas de tout mon cœur et de toute mon énergie, est-ce que je me soucierais de ce que vous pouvez bien raconter sur son compte ? Si la Seconde Fondation n’existait pas, que m’importerait que vous proclamiez le contraire ? Pendant des mois, j’ai cherché à vous faire taire avant que vous ne divulguiez la chose mais je n’avais pas alors le poids politique nécessaire pour me permettre de traiter cavalièrement un conseiller. L’apparition de Seldon m’en a fourni l’occasion – temporairement, du moins – et c’est le moment que vous avez justement choisi pour vous manifester. J’ai riposté immédiatement et je vous préviens que je n’hésiterai pas à vous faire liquider sans le moindre remords ni l’ombre d’une hésitation si vous ne faites pas exactement ce qu’on vous dira de faire.
« Toute cette conversation, à une heure où je ferais mieux d’être au lit et de dormir, avait pour seul but de vous amener à me croire quand je vous dirais ceci : je veux que vous sachiez que ce problème de la Seconde Fondation (que j’ai pris bien soin de vous laisser vous-même exposer) pourrait me fournir une raison amplement suffisante pour vous faire décérébrer sans autre forme de procès. »
Trevize se leva à demi de son siège.
Branno poursuivit : « Oh ! ne faites aucun geste ! Je ne suis certes qu’une vieille femme comme vous devez sans doute vous le dire, mais avant que vous ayez posé la main sur moi vous seriez déjà mort. Vous êtes, jeune écervelé, sous la surveillance de mes hommes. »
