— Nom de Dieu ! laissa échapper Morante entre deux quintes de toux. Essayons en japonais !

Comme par magie, tout devint évident.

Les cryptologues étaient réellement impressionnés, mais ils continuaient, malgré tout, à faire travailler Becker en aveugle sur les signes, non sur les phrases.

— C’est pour votre sécurité, affirmait Morante. De cette façon, vous ignorez ce que vous traduisez.

Becker eut un petit rire moqueur. Mais, autour de lui, personne ne riait. Quand le code fut cassé, Becker n’avait aucune idée des sombres secrets qu’il avait aidé à mettre au jour, mais il était sûr d’une chose : la NSA prenait le décryptage très au sérieux. Il repartit avec en poche un chèque d’un montant supérieur à un mois de son salaire de professeur.

Sur le chemin du retour, alors qu’il repassait, en sens inverse, la série de postes de contrôle, Becker fut arrêté par un garde qui venait de recevoir un appel téléphonique.

— Monsieur Becker, veuillez attendre ici, s’il vous plaît.

— Que se passe-t-il ?

Le jeune homme ne s’attendait pas à rester aussi longtemps à la NSA, et il était maintenant très en retard pour son match de squash, rendez-vous incontournable du samedi après-midi.

— La chef de la Crypto veut vous dire un mot, lâcha le garde en haussant les épaules. Elle arrive.

— Une femme ? gloussa Becker.

Pour l’instant, il n’avait pas croisé une seule représentante de la gent féminine dans ce temple high-tech.

— Ça vous pose un problème ? s’enquit une voix de femme dans son dos.

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Becker se retourna et se sentit immédiatement rougir. Il jeta un coup d’œil au badge d’identification accroché au chemisier.



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