La chef du service de cryptologie de la NSA était non seulement de l’autre sexe, indubitablement, mais, en outre, très séduisante.

— Bien sûr que non, bredouilla Becker. C’est juste que...

— Susan Fletcher, annonça-t-elle avec un sourire, en tendant vers lui ses doigts longs et fins.

— David Becker, répondit-il en lui serrant la main.

— Félicitations, monsieur Becker. On m’a raconté vos exploits de la journée. On peut en parler un peu ?

Becker hésita.

— En fait, je suis assez pressé...

Envoyer balader ainsi un haut responsable de l’agence d’espionnage la plus puissante du monde était peut-être une folie, mais son match de squash débutait dans quarante-cinq minutes, et il avait une réputation à défendre : David Becker n’était jamais en retard... A ses cours, peut-être... mais jamais sur les courts !

— Ce ne sera pas long, lui promit Susan Fletcher en souriant. Par ici, s’il vous plaît.

Dix minutes plus tard, Becker était à la cafétéria de la NSA, à boire un jus d’airelle en compagnie de la ravissante chef de la cryptologie. Il comprit très vite que cette femme de trente-huit ans n’avait pas usurpé sa responsabilité au sein de la NSA ; c’était l’une des personnes les plus brillantes et les plus intelligentes qu’il lui ait été donné de rencontrer. Elle lui parlait codes et déchiffrement, comme d’aucunes parlent chiffons, et Becker devait déployer des trésors de concentration pour ne pas être totalement perdu – une première pour lui, et c’était particulièrement excitant...

Une heure plus tard, s’apercevant tous deux que l’un avait définitivement raté son match de squash et l’autre sciemment ignoré trois appels sur son biper, ils éclatèrent de rire. Voilà où ils en étaient... deux grands esprits cartésiens, pourtant, dotés d’une forte puissance analytique et, à n’en pas douter, immunisés contre toutes pulsions irrationnelles... mais lorsqu’ils se retrouvaient assis l’un en face de l’autre, à parler



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