Une sale journée en perspective ! songea Susan en sortant de chez elle.

Elle ne croyait pas si bien dire...

2.

À trente mille pieds d’altitude, David Becker, misérable, contemplait une mer d’huile par le petit hublot du Learjet 60.

Le téléphone de bord était hors service ; impossible de joindre Susan.

— Qu’est-ce que je fiche ici ? grommelait-il.

La réponse était pourtant toute simple – il y avait des gens à qui l’on ne pouvait dire non.

— Monsieur Becker, crachota le haut-parleur. Nous allons atterrir dans une demi-heure.

– 6 –

Becker jeta un regard noir à l’attention de la voix invisible.

Génial ! Il tira le rideau et essaya de dormir. Mais rien à faire. Il ne pensait qu’à elle.

3.

Susan, dans sa Volvo, s’arrêta au poste de garde, au pied d’une clôture barbelée haute de trois mètres. Un jeune soldat posa la main sur le toit de sa voiture.

— Papiers, s’il vous plaît.

Susan s’exécuta et se laissa aller au fond de son siège, sachant que la vérification durerait une bonne trentaine de secondes. La sentinelle disparut dans la guérite pour passer sa carte au scanner.

— Merci, mademoiselle Fletcher, annonça-t-il finalement, en faisant un signe imperceptible, et la porte s’ouvrit.

Un kilomètre plus loin, Susan réitéra la même procédure devant une clôture électrique tout aussi imposante. Allez, les gars... Ça fait un million de fois que je passe devant vous...

Au dernier poste de contrôle, un soldat trapu, muni d’une mitrailleuse et flanqué de deux molosses, examina d’un air suspicieux sa plaque minéralogique avant de la laisser passer.



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