
Elle suivit l’allée du garde aux toutous sur deux cents mètres et obliqua vers le parking C réservé au personnel. C’est inconcevable ! pesta-t-elle. Ils ont vingt-six mille employés, un budget de douze milliards de dollars, et ils ne sont pas fichus de se passer de moi un week-end !
D’un coup d’accélérateur rageur, elle se gara sur son emplacement privé et coupa le moteur. Après avoir traversé l’esplanade plantée d’arbustes, elle pénétra dans le bâtiment principal et dut franchir encore deux nouveaux postes de contrôle avant de gagner le long couloir aveugle qui menait à la
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toute nouvelle extension du complexe. Une porte, flanquée d’un scanner vocal, en interdisait l’accès.
NATIONAL SECURITY AGENCY (NSA)
SERVICE DE CRYPTOLOGIE
ACCÈS RÉSERVÉ AU PERSONNEL AUTORISÉ
— Bonjour, mademoiselle Fletcher, lança le garde à son arrivée.
— Salut, John, répondit-elle avec un sourire fatigué.
— Je ne m’attendais pas à vous voir ici aujourd’hui.
— Moi non plus, pour tout vous dire...
Elle se pencha vers le micro du scanner, niché dans sa parabole.
— Susan... Fletcher..., articula-t-elle.
L’ordinateur reconnut instantanément son spectre de fréquences vocales, et la porte s’ouvrit dans un déclic. Elle put enfin entrer dans le sanctuaire.
Le garde contempla Susan qui s’éloignait dans le tunnel de ciment. Ses grands yeux noisette lui avaient, certes, semblé plus froids que de coutume... mais son teint était d’une fraîcheur éclatante et ses cheveux auburn tombaient en cascades lumineuses sur ses épaules, comme si la jeune femme sortait de la douche. Il flottait dans son sillage une subtile odeur de lait d’amande. Le regard du garde s’attarda sur le dos élancé de Susan, dont le chemisier fin et blanc laissait deviner le soutien-gorge, puis courut le long de la jupe kaki jusqu’à la naissance des genoux, pour finalement s’arrêter sur les jambes... Ah, les jambes de Susan Fletcher !
