
Cependant le confesseur arrive…
– Dans ce cruel instant de ma vie, dit la marquise, je veux pour la consolation de mes parents et pour l’honneur de ma mémoire faire une confession publique.
Et en même temps elle s’accuse tout haut de tout ce que la conscience lui reproche depuis qu’elle est née.
Le mari attentif et qui n’entend point parler du baron d’Aumelas, bien sûr que ce n’est point dans un moment pareil où sa femme osera employer la dissimulation, se relève au comble de la joie.
– Ô mes chers parents, s’écrie-t-il en embrassant à la fois son beau-père et sa belle-mère, consolez-vous, et que votre fille me pardonne la peur que je lui ai faite, elle m’a donné assez d’inquiétude pour qu’il me fût permis de lui en rendre un peu. Il n’y a jamais eu de poison dans ce que nous avons pris l’un et l’autre, qu’elle soit tranquille, soyons-le tous, et qu’elle retienne au moins qu’une femme vraiment honnête non seulement ne doit point faire le mal, mais qu’elle ne doit même jamais le laisser soupçonner.
La marquise eut toutes les peines du monde à revenir de son état; elle avait si bien cru être empoisonnée que la force de son imagination lui avait déjà fait sentir toutes les angoisses d’une pareille mort; elle se relève tremblante, elle embrasse son époux, la joie remplace la douleur, et la jeune femme trop corrigée par cette terrible scène promet bien qu’elle évitera à l’avenir jusqu’à la plus légère apparence des torts. Elle a tenu parole et a vécu depuis plus de trente ans avec son mari sans que jamais celui-ci ait eu le plus léger reproche à lui faire.
LE M… PUNI
Il arriva sous la Régence une aventure à Paris, assez extraordinaire pour être encore racontée de nos jours avec intérêt; elle offre d’un côté une débauche secrète, que jamais rien ne put trop éclaircir, de l’autre trois meurtres affreux, dont l’auteur ne fut jamais découvert. Et à… les conjectures avant d’offrir la catastrophe, préparée par ce qui la méritait, peut-être effrayera-t-elle moins.
