
Il eut un geste désespéré.
— Les Terriens peuvent avoir leurs raisons, dit le commandant.
— Lesquelles ? cligna les yeux Grigo.
— Nous l’apprendrons en temps voulu, répondit Argo en examinant l’engin.
Le soleil était déjà haut.
— Ce qu’elle est chaude, cette planète ! marmonna Brock en s’épongeant le front.
— Par le Cosmos, je ne serais tranquillisé qu’après avoir vu quelqu’un ! s’exclama Grigo.
Le vent se leva. Lioubava poussa un cri : la fleur qu’elle avait cueillie perdit tout son duvet, et le petit nuage blanc, après un instant d’hésitation, virevolta vers le véhicule transparent. Chaque membre de l’équipage de l’Orion sentit une force invisible le pousser doucement, mais aussi irrésistiblement vers l’engin. En même temps, la portière avant s’ouvrit, plus exactement, elle disparut, se fondit.
— Venez, ceux de l’Orion, appela une voix douce venue de l’intérieur.
L’invitation souleva une tempête d’émotions.
— L’appareil a été programmé par des hommes ! s’exclama Braga. Ils connaissent le nom de notre vaisseau.
Brock secoua la tête.
— Les appareils du service astronomique ont très bien pu lire le nom du vaisseau sur son étrave, articula-t-il. Ce n’est pas sorcier.
Il n’eut pas de réponse.
Joy Argo s’approcha de la portière.
— Où allons-nous ? interrogea-t-il le vide.
— Installez-vous, répéta la voix avec la même intonation. Vous n’avez rien à craindre. Venez.
— Rabâcheur, va ! dit Braga, dépité.
— Rien à craindre… C’est ça ! bredouilla Grigo, méfiant.
Tout le monde regarda le commandant. Argo posa la main sur une poignée chaude, transparente comme tout le reste de l’appareil.
— Suivez-moi tous.
