
Renversant la tête, Brock suivait des yeux tantôt les nuages, tantôt le milan solitaire qui décrivait des cercles au-dessus du cosmodrome.
Au loin, on apercevait les silhouettes des fusées. Elles semblaient vaciller légèrement dans l’air chaud.
— Y a-t-il donc quelqu’un ? s’interrogea Grigo.
Le cosmodrome était désert, personne ne venait à leur rencontre.
Ils se regroupèrent pour se consulter.
— Peut-être, n’avons-nous pas été aperçus ? dit Lioubava.
— Ça alors ! L’Orion n’est pas si petit, répondit Grigo, maussade.
— Allons-y à pied, dit le commandant, pointant le doigt vers les bâtiments du cosmodrome. Au moins, là-bas, il y a de l’ombre.
— Cela fait trois kilomètres au bas mot, supputa Braga, clignant des yeux au soleil.
— Et par une telle chaleur, enchaîna Grigo. Les gens sont à bout de forces, commandant…
A cet instant, quelque chose de brillant se détacha du bâtiment le plus proche et se dirigea de leur côté. Bientôt, tous distinguèrent un véhicule transparent, pareil à une goutte de liquide qui glissait au-dessus du sol.
— Un bus, prononça Braga, et les « vieux », qui étaient nés sur Terre, sourirent en entendant ce mot à peu près oublié.
— Il est en glace ou quoi ? s’enquit Brock en fixant du regard l’appareil qui s’approchait.
Braga mit sa main en visière.
— En plastique, apparemment.
— Mais il n’y a personne dedans ! dit tout haut Lioubava ce que tous les autres avaient sur la langue.
Le véhicule qui freina brutalement devant eux, était effectivement vide.
— Un engin automatique du service de quarantaine, supposa Braga.
— D’accord, mais pourquoi ne pas nous le signaler ? explosa le navigateur. En traversant le Système solaire, nous n’avons pas vu un seul Terrien sur les écrans de l’Orion. Pire, nous n’avons même pas entendu leurs voix, alors que notre radio était en bon état.
