
C’est trop tard.
Et pourtant je vais pas m’éterniser, m’immortaliser dans les malentendus, non ?
Faut que je me rectifie avant déchets.
Ils me talonnent.
Que je me mette à table. T’informe du textuel de mon cas.
Bon.
Dans trois secondes ça va être lâché. Révélé. Irrattrapable. La vérité c’est que je ne suis pas un homme, mais un Martien.
Un Martien venu survoler votre bande d’oc.
Je m’ai déguisé, camouflé serré. J’ai joué au Terrien tant que j’ai pu à force de bassesses et de conneries, de faiblesses et de turpitudes. J’ai tellement bien manigancé qu’on m’a cru et que par moments, même, je me suis pris pour un homme ! Faut dire que je n’avais rien laissé au hasard, à l’instar (au super-instar) de Jésus qu’a laissé traîner Dieu tout le long de son passage. Miracles et cortèges, c’est pas le genre San-Antonio. Chez nous, à Mars, on nous élève pas en grande pompe dans le culte. Un jour je t’en dirai plus. L’heure n’est point venue.
Ce que je voulais te révéler aujourd’hui, c’était ça, simplement : je suis un Martien !
Donc, dis-toi que ce polar innocent représente en fait un événement plutôt inouï sur les bords. La première fois, sur ton globe à la mords-moi le pôle, qu’un individu t’annonce qu’il est martien.
Surtout crois pas que je sois seul.
Y en a autres ! Beaucoup d’autres que tu peux te l’arrondir pour en avoir la liste.
Entre Martiens on ne se fait pas d’arnaque.
Chez nous y a qu’une devise : célébrité-digression.
Si je prends la décision de glavioter le morcif, c’est parce que mon temps est venu. Le temps de quoi ? Tu verras. Tu vas voir. Bouscule rien. Un arbre, on pige vraiment comment il est foutu que lorsque ses feuilles sont tombées, alors laisse pleurer les miennes, savate !
