
Et aborde l’époque martienne de San-A. sans frémir. Tu te doutais bien que ça n’allait pas durer toujours sur les mêmes bases, nous deux, dis, banane ? On n’allait pas forniquer de conserve à la petite semaine comme des macaques dans une cage ! Tu t’en serais contenté, ma parole ! Ah, sinistre ! Tu la gaffais donc pas cette minute radieuse où je t’étale la terrifiante vérité ?
Belle comme l’incendie de Publicis sur les Champs-Elysées, ma lope d’amour ! Car faut bien reconnaître que l’empire au papa Bleustein, c’est quand il a cramé qu’il a été le plus majestueux. Triste à dire, hein ? Y a rien d’aussi textuellement sublime qu’une catastrophe. Bien intense, bien irrémédiable. Féerique.
Regarde flamber ma vérité. Réchauffe ton incrédulité à ses hautes flammes. San-Antonio est martien.
Je le jure !
T’entends, morpion ? Je lève la main droite, la jambe droite, la burne droite et je te le jure !
Si tu ne me crois pas, doute, au moins.
Et puis pourquoi tu me croirais pas ?
Tu crois bien à la fidélité de ta femme et à l’intelligence de tes chiares !
Mieux : tu crois à ton éternité, lavement !
Enfin te revoilà prévenu et dorénavant plus rien ne sera pareil.
Car je suis martien !
Franchement, on ne dirait pas à me voir…
Hein ?
CHAPITRE « A »
Que je te plante le décor…
Facile : un troquet de Paname, au soir à la chandelle.
La banlieue triste sous la pluie, comme dans une chanson de la mère Piaf. Le taulier, beurré comme toute la Normandie, est allé se zoner. Berthier, sur le coup de huit plombes, il flanche. C’est l’heure que sa tronche a triplé de volume. Sa cervelle ressemble à un édredon crevé dont les plumes sèment à tout va dans des courants d’air laroussiens. Il déclare forfait, le vioque, car il a atteint ses limites. Ça lui prend d’un seul coup, derrière le vieux rade en vrai zinc. Son teint se couvre. Il se met à crépusculer de la trogne.
