
Il souffla par le nez, comme un homme soucieux d’éviter quelque odeur, puis il lissa son petit bouc. « Le régime de mise en œuvre de ces dispositions consiste en trois phases. Nous leur donnons bien sûr des noms plaisants, mais vous pourriez classer ces mesures comme, primo : un rappel poli ; secundo : dépassant de loin votre seuil de douleur ; tertio, spectaculairement fatale. »
Bud caressa l’idée de montrer sur-le-champ à ce Parsi la signification du mot fatal, mais, en tant que banque, le bonhomme devait être fort bien gardé. Du reste, c’était une procédure assez classique, et Bud était plutôt satisfait que le gars lui ait parlé avec franchise. « Eh bien, parfait, je vous recontacterai… Ça ne vous dérange pas que je garde le prospectus ? »
Le Parsi les congédia d’un geste, la brochure et lui. Bud repartit errer dans les rues, en quête de liquidités à des conditions plus accessibles.
Une visite royale ; les Hackworth prennent des vacances aériennes ; la princesse Charlotte fête son anniversaire ; Hackworth rencontre un membre de la pairie
Trois gousses géodésiques glissaient au-dessus des toits et des jardins d’Atlantis/Shanghai un vendredi après-midi, pareilles aux graines de quelque calebasse grosse comme la lune. Dans le parc de la source Victoria, deux mâts d’amarrage jaillirent du terrain de cricket et grimpèrent vers le ciel. Le plus petit de la flotte d’aéronefs arborait les armes royales ; il resta au point fixe tandis que les deux plus gros descendaient vers leur berceau. Leur enveloppe, vide, était pour l’essentiel transparente. Au lieu de bloquer les rayons du soleil, ils les jaunissaient et les mouchetaient, en projetant de vastes motifs abstraits de pénombre et de lumière, que les enfants vêtus de leurs plus beaux shorts et de leurs plus jolies crinolines essayaient de saisir dans leurs bras. Une fanfare joua. Une minuscule silhouette en robe blanche se tenait au bastingage de l’aéronef Atlantis, saluant de la main les enfants en dessous. Tous savaient que ce devait être la jeune fille dont on fêtait l’anniversaire, la princesse Charlotte, et ils poussèrent des vivats en lui rendant son salut.
