Alors qu'il était déjà à quel-heureux. Il n'avait plus à partir en quête que distance, il se fit la réflexion que la d'eau et de nourriture, et il pouvait se lan-baraque avait été montée par deux per-cer à la recherche d'un trésor. Il n'avait sonnes, dont l'une parlait arabe et l'autre pas un sou en poche, mais il avait foi en la parlait espagnol.

vie. Il avait choisi, la veille au soir, d'être Et cependant, ces deux personnes un aventurier semblable aux personnages s'étaient parfaitement entendues.

des livres qu'il avait l'habitude de lire.

«Il existe un langage qui est au-delà des Il se mit à se promener sans hâte sur la mots, se dit-il. J'avais déjà eu cette expé-place. Les marchands commencèrent à

rience avec les brebis, voici maintenant monter leurs baraques ; il aida un homme que je fais la même avec les hommes. »

qui vendait des sucreries à installer la Il était donc en train d'apprendre sienne. Il y avait sur le visage de cet diverses choses nouvelles. Des choses dont homme-là un sourire qui n'était pas il avait déjà eu l'expérience, et qui pourtant comme les autres: il était plein d'allé-

étaient nouvelles parce qu'elles s'étaient gresse, ouvert à la vie, prêt à attaquer une trouvées sur son chemin sans qu'il s'en fût 62

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rendu compte. Et cela parce qu'il avait l'habitude de ces choses. «Si je peux apprendre à déchiffrer ce langage qui se passe des mots, je parviendrai à déchiffrer le monde. »

«Tout est une seule et unique chose», avait dit le vieil homme.

Il décida de flâner tout tranquillement dans les petites rues de Tanger : c'était seulement de cette façon qu'il réussirait à percevoir les signes. Cela exigeait sans doute Le Marchand de Cristaux vit le jour se une bonne dose de patience, mais la lever et ressentit la même impression d'an-patience est la première vertu qu'apprend goisse qu'il éprouvait chaque matin. Il un berger.



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