
était depuis près de trente ans dans ce même endroit, une boutique située au Une fois encore, il comprit qu'il mettait sommet d'une rue en pente, où il était bien en pratique dans ce monde étranger les rare que passât un client. Maintenant, il mêmes leçons que lui avaient enseignées était trop tard pour changer quoi que ses brebis.
ce fût: tout ce qu'il avait appris au cours
«Tout est une seule et unique chose», de sa vie, c'était acheter et vendre des avait dit le vieil homme.
cristaux. Il y avait eu un temps où sa boutique était connue de beaucoup de gens: marchands arabes, géologues français et anglais, soldats allemands, qui avaient toujours de l'argent plein les poches. En ce temps-là, c'était une grande aventure que de vendre des cristaux, et il imaginait comment il allait devenir un homme riche, et toutes ces belles femmes qu'il aurait un jour, quand il serait vieux.
Et puis le temps passa, peu à peu, et la cité de même. Ceuta prospéra plus que Tanger, et le commerce prit une autre voie. Les voisins partirent s'installer ail-65
leurs, et il ne resta bientôt plus que quelques rares boutiques dans la montée. Personne n'allait gravir une rue en pente pour quelques malheureuses boutiques.
Mais le Marchand de Cristaux n'avait pas le choix. Il avait vécu trente ans de sa vie à acheter et vendre des objets de cristal, et il était maintenant trop tard pour s'engager dans une nouvelle direction.
Toute la matinée, il resta à observer les allées et venues, peu nombreuses, dans la Il y avait à la porte un écriteau indiquant petite rue. C'était ce qu'il faisait depuis des qu'on parlait là plusieurs langues. Le jeune années, et il connaissait les habitudes de homme vit apparaître quelqu'un derrière chacun des passants.
le comptoir.
Alors qu'il manquait à peine quelques
«Si vous voulez, dit-il, je peux nettoyer minutes avant l'heure du déjeuner, un ces vases. Dans l'état où ils sont, personne jeune étranger s'arrêta devant la vitrine. Il ne voudra jamais les acheter. »
