Ce tremblement de terre politique a été suivi d'une brutale coulée de lave du volcan social.

En novembre-décembre 2005, dans 274 communes, 233 bâtiments publics et 74 bâtiments privés ont été endommagés ou incendiés, et 10 000 voitures ont été brûlées.

Ce qui porte le total des véhicules détruits dans l'année 2005 à 45 000 !

Des engins incendiaires ont été lancés dans trois mosquées, deux synagogues ont été visées, une église a été partiellement incendiée.

Quatre personnes ont trouvé la mort durant cette période.

Mais tout va très bien, madame la marquise !

Quelques mois plus tard, le 23 mars 2006, sur l'esplanade des Invalides, dans le cœur symbolique de Paris, au terme d'une manifestation calme et autorisée, des jeunes gens encapuchonnés ont agressé et dépouillé ceux qui défilaient paisiblement.

Événements marginaux, accompagnant inévitablement la démocratie de la rue qui impose sa loi à la démocratie représentative, ou bien actes révélant les nouvelles ruptures de la société française ?

« J'ai vu, témoigne un photographe, des jeunes se faire lyncher avec une violence inouïe. Je n'avais jamais encore été confronté à de telles scènes à Paris, à des jeunes capables de faire preuve gratuitement d'une incroyable violence. »

En octobre-novembre 2006, des autobus ont été incendiés en Ile-de-France, dans le Nord et l'Est, à Marseille. Des policiers ont été attaqués.

Pour maîtriser et calmer de telles tensions, les mots et les sourires charmeurs ne suffiront pas.

L'élu(e) de la nation à la présidence de la République au printemps 2007 devra passer aux actes.

Or les Français ont beaucoup appris depuis trente ans.

Ils éliront « elle » ou « lui », mais ils ne se contenteront pas de postures avantageuses, d'habiletés, de générosités affichées.



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