Ils ont fait l'expérience et l'inventaire du style mitterrandien et des gesticulations chiraquiennes.

L'un était un président roué se complaisant dans les liaisons dangereuses, séducteur tout en arabesques et en hypocrites indignations de façade.

L'autre, un bateleur dressant son étalage sur les grands boulevards, retenant un instant les badauds par son insolente esbroufe.

Avec de tels acteurs, les Français ont beaucoup appris sur le théâtre politique, ses jeux de rôle et ses simulacres.

Seuls quelques compères et les croyants applaudissent aux promesses des nouveaux candidats.

Le vrai public partagé entre le scepticisme et l'espoir observe et attend.

Certes, une femme élue présidente peut renouveler le répertoire, mais on exigera d'elle plus que de la compassion ou de la séduction : des résultats !

Or les promesses seront d'autant plus difficiles à tenir que, pour être élus, les candidates et les candidats à la présidence de la République ou aux élections législatives auront d'abord divisé les Français, accusant leurs rivaux d'être responsables des maux qui frappent le pays.

Le coupable, ce n'est pas moi, c'est l'autre, c'est la droite – ou c'est la gauche !

Mais de grand guignol en farces, d'alternances en cohabitations, les Français savent que l'un vaut l'autre.

Et en 2005, au moment du référendum sur le traité constitutionnel européen, quand les acteurs cessent d'interpréter la pièce Gauche-Droite, renoncent aux mimiques de leurs oppositions pour inviter les Français à voter oui, ceux-ci saccagent le théâtre en scandant non !

Les Français ne se contentent donc plus des tours de passe-passe des prestidigitateurs. Ils n'attendent plus qu'on sorte du chapeau un lapin blanc.

Leur vie est difficile. Les conflits et la violence, le fanatisme, sont une réalité. L'horizon est obscurci par des risques majeurs.



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