En sortant de la pièce, Charlie se cogna contre l’angle d’une caisse. Il se pencha et, faisant un effort, posa sur la table un vieux bioradiateur. MacGrown l’avait acheté d’occasion quand il travaillait à la Western. Depuis, il n’avait pas eu l’occasion de s’en servir.

Charlie chassa avec sa manche la poussière qui recouvrait l’antenne.

S’il pouvait piquer un somme. Mais ce cauchemar reviendrait.

Et si…

Frappé par une idée encore imprécise, Charlie regagna l’armoire et, tirant violemment la porte, saisit le premier bloc qui lui tomba sous la main et, en trois enjambées, se retrouva devant le biotransformateur. Ses mains tremblaient comme de vieillesse. Dans la pâle lumière du matin, il eut du mal à déchiffrer les mots déteints qu’il avait tracés, il y a très longtemps, sur le bloc : « Ouest. Été indien. Mes premières vacances. »

Le tableau de réglage… le relais temporisé… Charlie jura : le fusible intermédiaire était grillé…

Bref, malgré l’extraordinaire simplicité de l’idée de MacGrown, il lui fallut toute une journée pour tenter de la réaliser.

En revanche, Charlie dormit tranquillement pour la première fois depuis un long moment. Personne ne l’étranglait plus. Il voyait en rêve les champs de trèfle autour de Peterstown, où il avait travaillé il y a des années de cela, les nuits parfumées de la côte ouest et les douces mains de Miss Shella…

MacGrown se réveilla avec le sourire. La ville somnolait encore. Soulevant la poussière, un camion chargé de bois passa dans la rue et Charlie, éternuant, referma la fenêtre, agacé.

La sonnette tinta plaintivement dans l’entrée.

— Bonjour, Charlie, dit Mrs. Johnson. Où en êtes-vous avec ma main ?

— J’ai fait ce que je pouvais, dit MacGrown. Mais vous le savez, le nerf central est très mal conçu…

— Je n’en peux plus, geignit Mrs. Johnson, prenant la prothèse rose. Elle me fait souffrir tout le temps.



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