
Derrière, les buissons s’écartèrent bruyamment. Perets se retourna avec circonspection: ce n’était pas le Directeur, mais la personne familière de Claude-Octave Domarochinier, du groupe de l’Eradication. Il s’approcha lentement et s’arrêta а deux enjambées de Perets, abaissant vers lui ses yeux sombres et attentifs. Il savait ou soupçonnait quelque chose, quelque chose de très important, et ce savoir ou ce soupçon immobilisait les traits de son visage allongé, visage pétrifié d’un homme qui apportait ici, sur l’а-pic, une étrange et angoissante nouvelle. Cette nouvelle, personne encore au monde ne la connaissait, mais il était manifeste que tout était radicalement changé, que tout ce qui avait cours auparavant n’avait maintenant plus de sens et que chacun devrait désormais donner tout ce dont il était capable.
— A qui sont ces pantoufles? demanda-t-il en jetant un regard circulaire autour de lui.
— Ce ne sont pas des pantoufles, dit Perets Ce sont des sandales.
Domarochinier eut un sourire et tira de sa poche un gros bloc-notes.
