— Je n’en ai pas.

— Vous n’en avez pas. Bien. Et pourquoi?

— Je ne sais pas… On ne m’en donne pas, c’est tout.

— C’est juste, on ne vous en donne pas. Je le sais. Et pourquoi? On m’en a donné, on lui en a donné, on leur en a donné, on en a donné а beaucoup d’autres encore, et а vous on ne veut pas vous en donner.

Perets lui jeta un regard furtif. Du long nez décharné de Domarochinier s’échappaient des reniflements, ses yeux clignaient sans cesse.

— Sans doute parce que je suis étranger, suggéra Perets. C’est certainement la raison.

— Et je ne suis pas le seul а m’intéresser а vous, poursuivit Domarochinier sur un ton confidentiel. S’il n’y avait que moi! Mais il y a aussi des gens importants… Ecoutez, Perets, vous pouvez peut-être vous lever, pour que nous puissions continuer? Vous me donnez le vertige, rien qu’а vous voir.

Perets se leva et sautilla sur un pied pour attacher une sandale.

— Mais éloignez-vous donc de ce bord! cria d’une voix douloureuse Domarochinier en agitant son bloc-notes vers Perets. Vous finirez par me tuer avec vos excentricités!

— C’est fini, fit Perets en tapant du talon. Je ne le ferai plus. On y va?

— Allons-y. Mais je constate que vous n’avez répondu а aucune de mes questions. Vous me chagrinez beaucoup, Perets. Vous êtes vraiment… (Il jeta un regard sur le gros bloc-notes, haussa les épaules et le glissa sous son bras.) C’est étrange. Pas la moindre impression, sans même parler d’information.

— Mais aussi, qu’est-ce qu’il y a а répondre? dit Perets. Je devais simplement être ici pour parler au Directeur.

Domarochinier se figea littéralement sur place, comme englué dans les buissons, et proféra d’une voix altérée:

— C’est donc pour ça que vous êtes…

— Comment, que je suis? Je ne suis rien de…

Domarochinier jeta un regard autour de lui et chuchota:



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