
— Non, dit-il enfin. Rien ne nous oblige à partir. Nous sommes à l’abri, ici. Il n’y a pour ainsi dire pas de marques d’érosion sur les roches, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué. Et si la tempête est trop violente, nous pourrons toujours nous réfugier dans les crawleurs.
L’autre regarda les blocs de pierre et secoua la tête comme s’il n’en croyait pas ses oreilles.
— Écoutez, monsieur, des alertes de ce genre, Cuvier n’en émet pas une tous les deux ans. Elle annonce une tempête d’une violence comme nous n’en avons jamais connu…
— Parlez pour vous ! rétorqua Sylveste. Nous ne pouvons pas nous permettre d’abandonner les fouilles. Vous ne comprenez pas ça ?
L’homme détourna le regard, embarrassé, regarda le chantier.
— Nous pourrions protéger les zones dégagées avec des bâches, enfouir des transpondeurs. Même si les puits étaient comblés par la poussière, nous pourrions retrouver le site, le remettre en l’état… bredouilla-t-il, avec un regard affolé, implorant, derrière les grosses lunettes qui protégeaient ses yeux du sable. Et puis, après notre retour, nous pourrions ériger un dôme sur le chantier. Ça vaudrait mieux que de mettre des vies humaines en jeu et de risquer de perdre du matériel, non ? Vous ne pensez pas, monsieur ?
Sylveste fit un pas vers lui, l’obligeant à reculer vers le puits le plus proche.
— Il n’est pas question de retourner à Mantell. Et vous, vous allez dire à toutes les équipes de poursuivre le travail jusqu’à ce que j’ordonne d’arrêter. En attendant, je veux que les appareils les plus sensibles soient transférés à bord des crawleurs, et seulement ceux-là. C’est clair ?
— Mais… et les gens, monsieur ?
— Qu’ils continuent à faire ce pour quoi ils sont venus ici : fouiller, lança Sylveste en le regardant comme s’il le défiait de discuter ses ordres.
