
— Eh bien, vous aviez raison, dit-elle. Quoi que ce soit, c’est énorme. Et ça a l’air étonnamment bien conservé, aussi.
— Alors, Pascale, une théorie ?
Pascale Dubois était une jeune journaliste de Cuvier. Elle couvrait le chantier de fouilles depuis son ouverture, n’hésitant pas à mettre la main à la pâte avec les archéologues, dont elle avait appris le jargon.
— Ça, c’est votre rôle, non ? Je ne suis là que pour fournir des commentaires. Cela dit, les corps font froid dans le dos, vous ne trouvez pas ? Ils ont beau être non humains, pour un peu, leur souffrance serait palpable.
Sur l’un des côtés du puits, juste avant que le sol ne recommence à descendre, ils avaient mis au jour deux chambres funéraires aux parois de pierre. L’enfouissement remontait à neuf cent mille ans au moins, pourtant elles étaient presque intactes, et les ossements retrouvés à l’intérieur étaient restés dans une position plus ou moins anatomique. C’étaient des squelettes amarantins typiques. Au premier abord, à moins d’être un anthropologue averti, on aurait pu les prendre pour des restes humains : c’étaient des bipèdes de taille quasi humaine, dotés de quatre membres et d’une structure osseuse à peu près similaire, en apparence. Le volume du crâne était comparable et les organes sensoriels, respiratoires et de la locution, étaient plus ou moins disposés comme chez les êtres humains.
