
« C’est peut-être pour que des gens puissent y vivre, suggéra Chamlis en teintant son champ de rose.
« Mais les gens peuvent vivre n’importe où ! rétorqua Yay en se redressant pour fixer le drone de ses vives prunelles vertes. On ne manque pas de Plates-formes ; c’est d’art que je parle, moi !
« À quoi pensais-tu en particulier ? s’enquit Gurgeh.
« Que dirais-tu de champs magnétiques sous-jacents, avec des îles magnétisées qui flotteraient sur les océans ? Il n’y aurait pas de continents au sens courant du terme ; seulement de gros tas de rocs itinérants dotés chacun de rivières, de lacs et de végétation, avec par-dessus le marché quelques habitants intrépides. Tu ne trouves pas ça plus excitant, toi ?
« Plus excitant que quoi ? demanda Gurgeh.
« Mais que tout ça ! (Yay Méristinoux bondit sur ses pieds et se dirigea vers la fenêtre, dont elle tapota le carreau ancien.) Regarde-moi ça ! On se croirait sur une planète. Des mers, des collines, de la pluie. Tu ne préférerais pas vivre sur une île flottante, naviguer dans l’air au-dessus de l’eau ?
« Oui, mais si les îles entrent en collision ? s’enquit Chamlis.
« Et alors ? (Yay fit volte-face et regarda l’homme et la machine. Dehors, il faisait de plus en plus sombre ; les lumières de la pièce s’accentuaient progressivement. Elle haussa les épaules.) Bref ! on peut les en empêcher. Mais… tu ne trouves pas cette idée superbe ? Pourquoi me laisser arrêter par une vieille bonne femme et une machine ?
« Ma foi, répondit Chamlis, je connais Préashipleyl. S’il avait trouvé ton idée bonne, il ne l’aurait pas négligée ; ce drone a beaucoup d’expérience, et…
