
Iain M. Banks a choisi de raconter presque exclusivement des épisodes particulièrement croustillants des opérations de la Culture. Soit parce que la description de la vie dans une utopie devient rapidement ennuyeuse, soit parce que la nature de ses fonctions fait qu’il n’est vraiment bien renseigné que sur cet aspect de la vie de la Culture, qui demeure, il faut y insister, tout à fait mineur. Si vous avez fréquenté de vieux soldats recuits sur le terrain, transférés sur le tard dans des services d’histoire et d’archives, vous voyez ce que je veux dire : ils sont tout à fait incapables de vous indiquer les meilleures terrasses de Paris en avril, mais ils peuvent vous ressasser sans fin tous les détails de l’opération Manteau-Vert dans les Dardanelles en 1915.
Tout au bas de la hiérarchie des Intelligences Artificielles, il y a les drones. Les drones tiennent une place importante dans les récits de Iain M. Banks parce qu’ils entretiennent des relations directes avec les humains ; ils leur servent de gardes du corps, de secrétaires, de documentalistes, de valets de chambre, de chauffeurs et de cuisiniers. Si vous avez besoin d’une autre compétence, dites-le, votre drone la possède probablement ou la chargera en mémoire. Ils ne sont pas nécessairement plus gros qu’une boîte d’allumettes mais ils peuvent agir très fort, très vite, très malin. N’essayez jamais de jouer au plus fin avec un drone, du moins pas avant de vous y être entraîné pendant au moins trois siècles. Sinon, vous vous en repentirez, même si le drone ne fait qu’obéir scrupuleusement à vos instructions et respecter intégralement vos droits souverains et inaliénables.
