
« Ne dis pas de bêtises, répondit Chamlis. Quoi qu’il en soit, j’y ai mes entrées ; je… »
Une porte claqua.
« Merde alors ! Qu’est-ce qu’il fait froid dehors ! »
Yay déboula dans la pièce en frissonnant exagérément. Elle avait les bras repliés et serrés contre sa poitrine, et son short léger collait à ses cuisses ; elle tremblait de tous ses membres. Gurgeh se leva.
« Viens près du feu, dit Chamlis à la jeune fille. (Yay se tenait devant la fenêtre, toute grelottante et dégoulinante.) Ne reste pas planté là, reprit-il à l’intention de Gurgeh. Va chercher une serviette. »
Ce dernier jeta un regard désapprobateur à la machine, puis quitta la pièce.
Le temps qu’il revienne, Chamlis avait convaincu Yay de s’agenouiller devant le feu. Une extension de champ magnétique recourbée lui maintenait la tête baissée tandis qu’une autre lui brossait les cheveux. Des gouttelettes de pluie tombaient de ses boucles essorées jusque dans l’âtre, où elles s’évaporaient en sifflant sur les pierres plates et brûlantes.
Chamlis prit la serviette-éponge des mains de Gurgeh, qui regarda la machine frictionner le corps de la jeune femme. Au bout d’un moment il détourna les yeux et, hochant la tête, retourna s’asseoir sur le sofa en soupirant.
« Tu as les pieds sales, dit-il à Yay.
« Peut-être, mais ça m’a fait du bien de courir », répondit-elle en riant derrière sa serviette de toilette.
Après force jets d’air tiède, sifflements et autres « brr-brr », Yay fut enfin sèche. Elle resta enroulée dans la serviette et s’assit sur le canapé, jambes remontées contre elle.
« Je meurs de faim, annonça-t-elle tout à coup. Ça t’ennuie si je me fais quelque chose à… ?
« Je m’en occupe », coupa Gurgeh.
Il disparut par la porte d’angle et revint presque aussitôt disposer les pantals en peau de la jeune fille sur la chaise où elle avait laissé son gilet.
