
Peut-être avais-je sous-estimé la sagacité d’Edmure, se dit Catelyn. Quand ses plans de bataille faisaient l’unanimité de ses feudataires, à quoi rimait ma défiance aveugle ? Pas plus que Robb, mon frère n’est le gamin de mes souvenirs…
Escomptant que plus elle patienterait, plus il aurait de chances de s’imbiber, elle retarda jusqu’au soir sa visite à ser Cleos Frey. Dès qu’elle entra dans la cellule, il s’affala à deux genoux. « Je ne savais rien, madame, de cette histoire d’évasion. C’est le Lutin qui, sur ma foi de chevalier, je le jure !, a dit qu’un Lannister devait être escorté par des Lannister, et…
— Debout, ser. » Elle prit un siège. « Aucun petit-fils de Walder Frey ne s’abaisserait, je le sais, à se parjurer. » A moins d’y trouver profit. « Vous avez rapporté des conditions de paix, m’a dit mon frère ?
— Oui. » Il se jucha tant bien que mal sur pied. Il titubait passablement, nota-t-elle sans déplaisir.
« Je vous écoute », commanda-t-elle, et il s’exécuta.
Une fois au courant, elle dut convenir à part elle, les sourcils froncés, qu’Edmure avait dit vrai : pas l’ombre d’une véritable ouverture, hormis… « Lannister échangerait Sansa et Arya contre son frère ?
— Oui. Il s’y est engagé sous serment du haut du trône de Fer.
— Devant témoins ?
— Devant toute la Cour, madame. Et au regard des dieux. Mais j’ai eu beau le dire et le redire à ser Edmure, il m’a répondu que la chose ne pouvait se faire, que jamais Robb – Sa Majesté – n’y consentirait.
— C’est la vérité. » En quoi elle ne parvenait même pas à lui donner tort. Arya et Sansa n’étaient que des enfants. Tandis que, sitôt libéré, le Régicide redevenait l’un des hommes les plus dangereux du royaume. Cette route-là ne menait nulle part. « Vous avez vu mes filles ? Comment sont-elles traitées ? »
