
Bran s’extirpa du lit par ses propres moyens et, d’une barre à l’autre, se traîna jusqu’à la fenêtre. Ses doigts bafouillèrent un peu pour ouvrir les volets. La cour était vide, et noire chacune des baies visibles. Winterfell dormait. « Hodor ! » appela-t-il à pleins poumons. Tout endormi que devait être Hodor dans ses combles des écuries, peut-être finirait-il par entendre, lui ou quelqu’un d’autre, si les appels étaient assez forts ? « Hodor, vite ! Osha ! Meera, Jojen, vite, n’importe qui ! » Il plaça ses mains en porte-voix. « HOOOOODOOOOOR ! »
Or, lorsque la porte s’ouvrit bruyamment dans son dos, l’individu qui pénétra, Bran ne le connaissait pas. Il portait un justaucorps de cuir écaillé de disques de fer, un poignard à la main et une hache en bandoulière. « Que faites-vous ici ? s’alarma Bran, vous êtes dans ma chambre ! dehors ! »
Theon Greyjoy apparut à son tour. « Nous ne venons pas te faire de mal, Bran.
— Theon ?» Le soulagement lui donnait le vertige. « C’est Robb qui t’envoie ? Il est là, lui aussi ?
— Robb est au diable vauvert. Il ne saurait t’aider.
— M’aider ? » Sa cervelle s’embrouillait. « Tu veux me faire peur, Theon.
— Prince Theon, désormais. Nous sommes tous deux princes, Bran. Qui l’eût dit ? Ç’a l’air d’un rêve, n’est-ce pas ? Je ne m’en suis pas moins emparé de votre château, mon prince.
