— De Winterfell ? » Il secoua farouchement la tête. « Non non, tu n’as pas pu !

— Laisse-nous, Werlag. » L’homme au poignard se retira. Theon se posa sur le lit. « J’ai fait franchir le rempart à quatre de mes gens équipés de cordes et de grappins, et ils n’ont plus eu qu’à nous ouvrir une poterne. A l’heure qu’il est, le compte des vôtres doit être à peu près réglé. Je vous assure, Winterfell est mien. »

Bran ne saisissait toujours pas. « Mais tu es le pupille de Père…

— Et, dorénavant, vous et votre frère serez mes pupilles. Dès la fin des combats, mes hommes assembleront dans la grande salle ce qui restera de vos gens pour que nous leur parlions, vous et moi. Vous leur annoncerez m’avoir rendu Winterfell et leur ordonnerez de servir leur nouveau seigneur et de lui obéir comme à l’ancien.

— Non pas, dit Bran. Nous vous combattrons et nous vous bouterons dehors. Jamais je n’ai capitulé, tu ne pourras me faire affirmer le contraire.

— Ceci n’est pas un jeu, Bran, cessez donc de faire le gosse avec moi, je ne le souffrirai pas. Le château est à moi, mais ces gens sont encore à vous. Pour leur obtenir la vie sauve, le prince ferait mieux d’agir comme indiqué. » Il se leva, gagna la porte. « Quelqu’un viendra vous habiller et vous emporter dans la grande salle. D’ici là, pesez chacun des mots que vous prononcerez. »

L’attente ne fit qu’empirer le désarroi de Bran. Assis sur sa banquette, près de la fenêtre, il ne pouvait détacher ses yeux des sombres tours qui se découpaient par-dessus les murailles noir d’encre. Une fois, il se figura entendre des cris, derrière la salle des Gardes, et quelque chose qui pouvait passer pour des cliquetis d’épées, mais il n’avait pas l’ouïe aussi fine qu’Eté, ni son flair. A l’état de veille, rompu je demeure, mais, dès que je dors et que je suis Eté, rien ne m’empêche de courir et de me battre et d’entendre et de sentir.



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