
— Le roi Robb est en train de guerroyer, messire, rétorqua-t-elle avec une politesse glaciale, et non de se divertir en tournois. »
Renly eut un sourire goguenard. « Prudence, lord Randyll, on vient de vous damer le pion… » Puis, hélant un régisseur aux couleurs d’Accalmie : « Loge-moi les compagnons de notre visiteuse en veillant qu’ils ne manquent de rien. Lady Catelyn occupera mon propre pavillon dont je n’ai que faire, puisque lord Caswell a eu l’extrême obligeance de m’abandonner son château. Après que vous vous serez reposée, madame, daignez honorer de votre présence, je vous prie, le festin que nous offre ce soir mon hôte. Un festin d’adieux. Car je crains que Sa Seigneurie ne brûle de voir enfin les talons de ma horde affamée.
— Permettez-moi, Sire, de m’inscrire en faux, protesta un jeune homme mince qui devait être Caswell. Ce qui est à moi est à vous.
— Mon frère prenait au mot quiconque lui disait cela, badina Renly. Vous avez des filles ?
— Oui, Sire. Deux.
— Eh bien, rendez grâces aux dieux que je ne sois pas Robert. Ma douce reine est la seule femme que je désire. » Il tendit la main pour aider Margaery à se lever. « Nous reprendrons notre entretien, lady Catelyn, après que vous vous serez délassée. »
Pendant qu’il entraînait sa femme en direction du castel, son régisseur conduisit Catelyn vers le pavillon de soie verte. « S’il vous faut quoi que ce soit, madame, prenez seulement la peine de le demander. »
La peine était plutôt d’imaginer une quelconque envie qui ne fût d’avance comblée. Plus vaste que les salles communes de nombre d’auberges, la tente offrait tout le confort possible : matelas de duvet et courtepointes de fourrure, baignoire
