Mes gens du Nord, pensa-t-elle. Voici qu’il commence à parler en roi. « Personne n’est jamais mort d’impatience, tandis que la précipitation… Nous avons semé des graines, laisse-les germer. » Robb secoua la tête d’un air buté. « Nous avons jeté quelques graines au vent, voilà tout. Si Lysa venait à notre aide, nous le saurions déjà. Combien d’oiseaux avons-nous expédiés aux Eyrié, quatre ? Moi aussi, je désire la paix, mais pourquoi les Lannister m’accorderaient-ils rien si je me contente de camper ici pendant que mon armée fond tout autour de moi comme neige au soleil d’été ?

— Ainsi donc, plutôt que de paraître un lâche, riposta-t-elle, tu céderas aux pipeaux de lord Tywin ? Il veut te voir danser à Harrenhal, oncle Brynden te le confirmera si…

— Je n’ai pas mentionné Harrenhal, coupa-t-il. Bref, serez-vous mon émissaire auprès de Renly, ou dois-je envoyer le Lard-Jon ? »

Au souvenir de cette réplique, un vague sourire effleura les lèvres de Catelyn. Un peu grosse, la blague, mais assez maligne, de la part d’un gamin de quinze ans. Robb le savait pertinemment, lord Omble était exactement l’homme qu’il ne fallait pas pour traiter avec un Renly Baratheon, et il savait pertinemment qu’elle le savait aussi. Ce subterfuge l’avait contrainte à céder, au détriment de la piété filiale. L’état navrant dans lequel elle laissait lord Hoster ne facilitait pas la séparation, loin de là. Lorsqu’elle vint prendre congé de lui, il ne la reconnut même pas, l’appela Minisa, demanda : « Où sont donc les enfants ? Ma petite Cat, ma Lysa câline… ? » En le baisant au front, elle le rassura, les petites allaient bien, lui souffla, tandis qu’il refermait les yeux : « Attendez-moi, messire, je vous prie. Je vous ai si souvent attendu, moi, si souvent… Maintenant, c’est à vous de m’attendre, vous devez m’attendre. »



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