Il contempla la feuille au dessin délicat qu’il tenait à la main, une main d’allure fragile, puis la lâcha ; souriant d’un air hésitant, il émergea du buisson excessivement fleuri qu’il était allé examiner. Il se frotta les mains, apparemment intimidé.

— Je m’excuse, je…, fit-il avec un geste nerveux.

— Ce n’est rien, dit-elle en tendant une main, qu’il serra. Vous êtes bien Relstoch Sessupin, n’est-ce pas ?

— Euh… oui, répondit-il, manifestement surpris.

Il tenait toujours la main de la jeune femme. Il s’en rendit compte et la relâcha promptement, l’air encore plus mal à l’aise.

— Diziet Sma.

Sans le quitter des yeux, elle inclina légèrement la tête, très lentement, et ses cheveux se balancèrent sur ses épaules.

— Oui, je sais, bien sûr. Euh… ravi de faire votre connaissance.

— C’est bien, fit-elle en hochant la tête. Moi de même. J’ai entendu ce que vous faites.

— Ah ! (Il prit un air de contentement juvénile et frappa dans ses mains sans même paraître s’en rendre compte.) Ah ! C’est très…

— Je n’ai pas dit que j’avais apprécié, coupa-t-elle.

Son sourire n’étirait plus qu’un coin de sa bouche.

— Ah.

Déconfiture.

Quelle cruauté.

— Toutefois, j’apprécie ; j’apprécie même beaucoup, reprit-elle, et voilà que tout à coup son visage exprimait une espèce de contrition amusée, presque complice.

Il éclata de rire, et elle sentit quelque chose se décontracter en elle. Tout allait bien se passer entre eux.

— Je me suis demandé pourquoi on m’invitait, vous savez, confessa-t-il. (Dans ses yeux profondément enfoncés s’alluma une lueur nouvelle.) Tout le monde ici a l’air si… (un haussement d’épaules) si important. C’est pour cela que je…

Il indiqua maladroitement la plante qu’il était en train d’observer à son arrivée.



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