
Arrivée devant les marches de l’arboretum, à l’abri des regards derrière le boîtier de la dynamo située à l’extrême est, elle fit une pause, remercia le majordome, chassa les hralzs, tapota sa chevelure parfaite, lissa sa robe pourtant impeccablement lisse et s’assura que l’unique pierre blanche sertie sur son écharpe noire était bien centrée. Puis elle descendit vers les hautes portes de l’arboretum.
En haut des marches, un des hralzs se mit à gémir en se dressant plusieurs fois sur ses pattes arrière, les yeux humides.
Irritée, elle se retourna.
— Couché, Ricochet ! Va-t’en !
L’animal baissa la tête et s’éloigna sans cesser de pousser sa plainte nasillarde.
Elle referma doucement les portes derrière elle, admirant la masse paisible de feuillage luxuriant que l’arboretum offrait à ses regards.
À l’extérieur de la haute voûte de cristal formant le demi-dôme, il faisait nuit noire. Dans l’arboretum, de petites lumières vives brûlaient sur de grands mâts, projetant des ombres nettes et dentelées entre les plantes massées. L’atmosphère était tiède, et sentait la terre et la sève. Elle inspira profondément et entreprit de traverser la serre.
— Bonjour.
L’homme fit volte-face et la découvrit debout derrière lui, adossée à un mât lumineux, les bras croisés, lèvres et yeux également souriants. Ses cheveux étaient du même bleu-noir que ses pupilles ; elle avait la peau couleur fauve, et elle était plus mince que dans les bulletins d’information alors que, grande comme elle l’était, elle aurait pu être en fait solidement charpentée. Quant à lui, il était grand, extrêmement mince, et d’une pâleur bien peu en vogue ; la plupart des gens auraient trouvé ses yeux trop rapprochés.
