
— Hem-hem !
Elle se figea sur place.
Cela venait de derrière elle, sur un côté. Elle vit le regard de Sessupin hésiter et se détacher d’elle.
Sans rien perdre de sa sérénité apparente, Sma se retourna et jeta un regard furieux à la coque gris-blanc du drone, comme si elle cherchait à y percer des trous.
— Qu’est-ce que c’est encore ? lança-t-elle d’une voix qui aurait rayé l’acier.
Le drone avait la taille – et plus ou moins la forme – d’une petite valise. Il s’éleva dans les airs pour venir se suspendre au niveau de son visage.
— Un problème, poupée, fit-il.
Puis il se déplaça vivement sur le côté et se pencha en arrière de sorte qu’il parut contempler les profondeurs ténébreuses du ciel, au-delà de la semi-sphère de cristal.
Sma baissa les yeux sur le sol de brique de l’arboretum et fit la moue. Elle se permit le plus infime des mouvements de tête.
— Monsieur Sessupin, sourit-elle en écartant les mains. Croyez-bien que je regrette, mais… voulez-vous…
— Mais naturellement.
Déjà il s’éloignait ; il passa rapidement devant elle en la saluant d’un unique hochement de tête.
— Peut-être pourrons-nous reprendre cette conversation ultérieurement, dit-elle.
Il se retourna, mais sans s’arrêter pour autant.
— Certes, certes, je… ce serait…
Manifestement à court d’inspiration, il lui adressa un nouveau hochement de tête nerveux puis se dirigea en toute hâte vers les portes situées tout au fond de l’arboretum. Il les franchit sans jeter un seul regard en arrière.
Sma virevolta et se planta devant le drone, qui bourdonnait à présent d’un air innocent, apparemment plongé dans la contemplation du cœur d’une fleur aux couleurs tapageuses dans laquelle son court museau était à demi enfoui. Il prit conscience de sa présence et regarda dans sa direction. Jambes écartées, elle posa un poing sur sa hanche et dit :
