
— Tu veux connaître la suite ?
— Est-elle plus agréable ?
— Pas vraiment, non.
— Oh, et puis après tout… (Sma claqua ses mains sur ses cuisses, puis se mit à les frotter.) Autant en finir tout de suite.
— Il faudrait que tu partes dès demain.
— Oh non ! (Elle enfouit sa tête dans ses mains, puis releva les yeux. Le drone jouait avec une brindille.) Tu plaisantes, ou quoi ?
— Malheureusement, non.
— Et tout ça ? (Elle indiqua la salle des turbines.) Et la conférence sur la paix ? Et toutes ces huiles, là-bas, avec leurs pattes graissées et leurs petits yeux en boutons de bottines ? Trois années de travail qui s’envolent en fumée, c’est ça ? Merde ! C’est d’une planète entière qu’il s’agit…
— La conférence sera maintenue.
— Ça, je n’en doute pas, mais qu’est-ce que tu fais du « rôle capital » que je suis censée y jouer ?
— Euh…, répondit le drone en amenant la brindille au niveau de la bande sensible située à l’avant de sa coque, eh bien…
— Oh non !
— Écoute, je sais que tu n’aimes pas…
— Non, drone ; ce n’est pas…
Brusquement, Sma se leva, alla se tenir au pied de la paroi de cristal, et plongea son regard dans la nuit.
— Écoute, Dizzy…, fit le drone en s’approchant.
— Ne me donne pas de petits noms, s’il te plaît.
— Écoute, Sma… Elle n’existe pas pour de vrai. Ce n’est qu’une doublure. Une doublure électronique, mécanique, électrochimique, chimique. Une machine. Une machine contrôlée par Mental, qui n’est pas vivante en elle-même. Ce n’est ni un clone, ni…
— Je sais très bien tout cela, drone, répliqua-t-elle en joignant ses mains derrière son dos.
La machine se rapprocha en flottant dans les airs, lui entoura les épaules de son champ et serra doucement. La jeune femme se dégagea et riva ses yeux au sol.
— Il nous faut ton autorisation, Diziet.
