« Je vais de ce pas m’occuper de votre déjeuner », déclara Pylos. Cressen acquiesça d’un signe et, s’adressant au corbeau : « Je te présente lady Shôren. » L’oiseau hocha sa tête pâle en guise de révérence et « Lady », croassa-t-il, « Lady ».

La petite en demeura bouche bée. « Il parle !

— Quelques mots. Je t’avais prévenue qu’ils étaient futés.

— Oiseau futé, homme futé, fou futé futé, fit écho le carillon discordant de Bariol. Oh, fou futé futé futé. » Il se mit à chanter. « Les ombres entrent, messire, dans la danse, danse messire, messire danse, chantait-il en sautillant d’un pied sur l’autre, alternativement. Les ombres entendent s’installer, messire, s’installer messire, s’installer messire. » Et de tant branler du chef, à chaque mot, que les clarines de ses andouillers menaient un tapage d’enfer.

Avec un cri d’effroi, le corbeau blanc prit l’air et s’alla percher sur la rampe en fer de l’échelle de la roukerie. Shôren s’était recroquevillée. « Il me chante ça tout le temps. Je dis : “Arrête !”, il continue. Ça me terrifie. Faites qu’il arrête. »

Et je m’y prends comment? se demanda le vieillard. Autrefois, j’aurais pu lui imposer silence pour jamais. Maintenant…

Il n’était qu’un marmouset, Bariol, lorsque Sa Seigneurie Baratheon, lord Steffon, de tendre mémoire, le découvrit à Volantis où le roi – le vieux roi Aerys II Targaryen qui, à l’époque, conservait encore un semblant de raison – l’avait envoyé chercher sur le continent un parti pour son fils Rhaegar, faute de sœurs à lui faire épouser.



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