Une bourrasque glaciale paralysaSylvain. La présence maléfique de l’argent bouleversait l’ordre logique desévénements. Après tout, pourquoi s’immoler intentionnellement ? Les flicsse fichent des états d’âme. Vigo avait raison, accepter le destin, le seulfautif.

Ne plus réfléchir. Agir au mieuxpour eux. Fuir.

— Il n’y a pas d’autre solution… J’ai une famille que j’aime plus quetout… Je… je ne veux pas voir ma fille grandir au travers de barreaux.

— Dans ce cas, dépêchons-nous !

Vigo se pencha au-dessus du corps.

— Son arcade a pissé. On va lui enfoncer la tête dans des sacs plastique.

L’accident se mua en crime. Lescomplices rangèrent le macchabée empaqueté au côté du magot.

Toujours personne. Aucune voiture,pas de mouvances lumineuses. L’oreille de Sylvain frémit subitement.

— Tu… tu as entendu ?

— Quoi ?

Sylvain pointa un cube de tôle.

— On aurait dit… un bruit de métal ! Ça… ça venait de là-bas !

Sous le seul rai de sa lampe, Vigoexplora les fenêtres d’un entrepôt, à une dizaine de mètres dans les hautesherbes. Vitres crasseuses, parois branlantes.

— Tu déconnes ! Ce truc est abandonné depuis des lustres et vas’écrouler ! T’as vu le boucan que font le vent et les éoliennes ? Tute fais des films ! Allez, va dans la voiture ! J’arrive !

Vigo inspecta rapidement lesalentours du véhicule. Il collecta les morceaux de phare, absorba le sang surl’asphalte avec un chiffon, grimaça devant l’état du capot avant de fondre dansl’habitacle.

La nuit engloutit le véhicule.

Vigo chercha ses mots un instantavant de confier :

— Tout à l’heure, ma menace de raconter aux flics que tu étais au volant…Il fallait t’empêcher de faire une bêtise et protéger ta famille…



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